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20/11/2008
Le Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative et l’INPES lancent, grâce au soutien du groupe Canal +, un concours de scénario intitulé « Jeune et homo le regard des autres ». Parrainé par André Téchiné il porte sur le thème de la découverte de son homosexualité ou de celle d’un proche, et des conséquences de l’homophobie pour les jeunes qui s’interrogent sur leurs orientations sexuelles.
En effet, si l’affirmation de soi ne se fait pas sans difficultés pour la plupart des jeunes, ce processus peut encore être plus difficile pour les jeunes homosexuels et bisexuels, filles et garçons. Dans une société régie par la norme de l’hétérosexualité, les différences en matière d’orientation sexuelle ne sont pas toujours bien acceptées et peuvent générer des situations d’exclusions multiples. Les agressions verbales ou physiques subies, la peur du rejet, parfois l’isolement social et/ou le sentiment de culpabilité sont autant de facteurs de mal-être et de manque d’estime de soi qui peuvent entraîner des conduites à risques voire des pensées suicidaires chez les jeunes homosexuels.
Destiné à favoriser l’expression sur le thème de la prise de conscience et de l’annonce de l’homosexualité, ce concours est ouvert aux filles et garçons de 16 à 30 ans qui se posent des questions sur leurs orientations affectives et sexuelles, ainsi qu’à toute autre personne de leur entourage désireuse de s’exprimer. Les participants sont invités à poster un synopsis dactylographié de deux pages sur un site internet dédié, www.le-regard-des-autres.fr, avant le 2 décembre 2008. Ces récits, fictionnels ou autobiographiques, ont pour mission de faire évoluer les représentations sociales de l’homosexualité et faire prendre conscience des conséquences de l’homophobie afin d’améliorer l’acceptation de la différence.
Les quatre scénarii gagnants serviront de base à la réalisation de courts-métrages qui seront par la suite diffusés sur Canal +, partenaire de l’opération et dans le réseau de cinémas Utopia.
30/09/2008
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La cour d'appel d'Amiens a refusé la semaine dernière l'adoption d'un garçonnet âgé de quatre ans par la compagne de sa mère précédemment validée par la justice.
Ce précédent arrêt avait été cassé par la Cour de cassation. Le tribunal puis la cour d'appel d'Amiens avaient dans un premier temps validé l'adoption de l'enfant par l'amie de sa mère, entraînant de facto la perte de l'autorité parentale pour celle-ci.
Les deux femmes, des fonctionnaires résidant dans la Somme, entendaient ensuite engager une autre procédure judiciaire pour obtenir une délégation de l'autorité parentale de façon à en obtenir le partage. Pacsées en 2001, elles élèvent ensemble l'enfant depuis sa naissance en 2004 après une insémination artificielle pratiquée en Belgique.
La Cour de cassation, saisie par le parquet général, avait cassé en février 2008 l'arrêt rendu en appel. Cela avait entraîné en juillet une nouvelle audience devant la cour d'appel d'Amiens, dont la composition avait été modifiée, a précisé à l'AFP David Pamart, secrétaire général du parquet général d'Amiens, confirmant une information publiée par Le Courrier Picard.
Dans son nouvel arrêt rendu le 17 septembre, la cour d'appel a estimé que la délégation de l'autorité parentale que les deux femmes voulaient obtenir après la procédure d'adoption "n'était pas automatique" et que celle-ci "l'aurait plongé dans une insécurité juridique qui n'était pas bénéfique à son intérêt", selon David Pamart.
source : E-llico.com
| | 08/09/2008
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| Bercy
a reconnu valable le mariage d'un couple d'hommes néerlandais installés
en France et qui avaient contracté leur union aux Pays-Bas, leur
permettant d'avoir une imposition commune. Cette décision est
accueillie avec prudence par les associations LGBT qui rappellent que
de nombreux cas restent en souffrance.
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"Cette décision administrative de la direction générale des finances
publiques du ministère du Budget, qui intervient un an et demi après ma
saisine, est une petite victoire pour un grand avenir", a déclaré à
l'AFP Me Alain Leclerc, faisant état d'une "première" en France.
PeterJan et Aad, mariés aux Pays Bas où le mariage homosexuel est
légal, vivent en France depuis plusieurs années, tiennent un gîte dans
le Gers et paient leurs impôts en France.
"Leur combat était moins sur les économies à réaliser que pour une question de principe", a précisé Me Leclerc.
Dans les faits, ce couple de Néerlandais voulait faire une
déclaration commune de revenus, ce qui lui était systématiquement
refusé en France, selon leur conseil.
"Cela fait un an et demi que j'avais saisi le service juridique et
la direction de législation fiscale : ces deux services devaient
répondre", a raconté Me Leclerc.
Une décision administrative en date du 11 juillet 2008 émanant de
la direction générale des finances publiques du ministère du Budget
reconnaît enfin la légalité de leur mariage "et surtout les
conséquences fiscales d'un mariage contracté par deux personnes de même
sexe dans la mesure où il est légal: il donne les mêmes conséquences de
droit que pour des conjoints mariés français", a-t-il détaillé.
"On a déverrouillé l'administration fiscale, c'est la grande victoire", s'est réjoui l'avocat.
Selon son interprétation, "c'est une ouverture énorme pour les
autres couples homosexuels et l'appréciation des autres impositions.
Cela ouvre une porte sur les questions relevant de la succession".
Alain Piriou, porte-parole de l'Inter-LGBT relève aussi qu'avant ce
couple néerlandais "aucune demande n'avait abouti". Mais "il faut
raison garder sur les conséquences. On parle de fiscalité uniquement et
le débat est vite réglé : dès lors qu'une disposition fiscale est
applicable du fait que le couple est reconnu comme marié, il n'y pas de
raison qu'il n'en soit pas de même pour les autres impôts, notamment la
succession".
Alain Piriou rappelle notamment que le paquet fiscal de 2007
alignait le PaCS sur le mariage notamment pour la succession. "Reste
les questions de l'adoption et de la pension de réversion mais je ne
vois pas dans cette décision une brèche juridique dans laquelle
s'engouffrer pour faire avancer ces droits là", a-t-il estimé.
"Cette décision du service juridique de la fiscalité du Ministère
des Finances ne doit pas éclipser les dizaines d’autres cas litigieux
non résolus à ce jour", nuance également le Collectif Contre
l'Homophobie (CCH) qui parle des "réponses lénifiantes" de la ministre
de la Justice aux couples concernés et aux associations qui les
soutiennent. "Nous restons très prudents, explique Hussein Bourgi du
CCH, car nous n’avons aucune garantie que le succès enregistré par ce
couple de néerlandais mariés serve la cause des autres couples
d’homosexuels étrangers liés par un partenariat ou un mariage et vivant
actuellement en France".
source : E-llico.com
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| 01/08/2008
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| La
discrimination sur la base de l'orientation sexuelle est le second
critère de discrimination mis en avant par une enquête d'opinion
européenne menée auprés de 27 000 personnes à travers l'Union.
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Seule la discrimination pour motif racial devance l'orientation sexuelle.
51% des répondants à l'enquête estiment que la discrimination
envers les personnes LGBT est courante (13% trés courante et 38% assez
courante), contre 41% qui pensent qu'elle n'est pas courante.
3% estiment même que la discrimination anti-gay n'existe pas dans leur pays et 6% sont sans opinion.
La discrimination sur la base de l'orientation sexuelle est particulièrement répandue dans les pays méditerranéens.
Les trois pays où cette forme de discrimination est la plus
présente sont Chypre, la Grèce (73%) et l'Italie (72%). Le Portugal
(65%) et la France (59%) recueillent des résultats au dessus de la
moyenne européenne de 51 %.
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| source : E-llico.com 06/07/2008
Thomas
Beatie, le transsexuel américain, qui était né femme avant de subir des
traitements pour devenir un homme, a donné naissance jeudi à une petite
fille, selon les médias américains.
Thomas Beatie, qui est légalement un homme mais qui avait gardé ses
organes de reproduction féminins tout en subissant une reconstruction
de la poitrine et des traitements aux stéroïdes, avait suscité une
curiosité internationale en avril lorsqu'il avait annoncé sa grossesse.
Cet homme de 34 ans a donné naissance à une petite fille dans un hôpital de Bend (Oregon), a rapporté ABC News.
Thomas Beatie, qui porte une barbe, est devenu "l'homme enceinte"
après avoir été invité à l'émission de télévision très populaire
d'Oprah Winfrey.
"Le désir d'avoir un enfant n'est ni masculin, ni féminin. C'est
un besoin humain. Je suis une personne et j'ai le droit d'avoir
biologiquement un enfant", a dit Thomas Beatie lors de ce show. Son
épouse, Nancy, ne pouvait avoir d'enfant après une hystérectomie.
L'enfant a été conçu par insémination artificielle.
La situation unique de Thomas Beatie avait été mise au jour
lorsqu'il avait écrit dans le magazine homosexuel américain "The
Advocate" en mars une tribune intitulée "le travail de l'amour".
"Notre situation est pleine d'inconnus, au niveau social,
politique, légal", écrivait Thomas Bettie, ajoutant avoir rencontré
l'hostilité ou les réticences de personnel médical, d'amis et de
membres de la famille.
Un médecin avait notamment refusé de s'occuper du couple, après avoir consulté un conseil de l'ordre.
 source : E-llico.com 23/06/2008
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Le
petit garçon de deux mères françaises établies et mariées au Québec va
enfin pouvoir être naturalisé. Après un premier refus de la France et
l'intervention de plusieurs autorités relevant des Français à
l'étranger, Rachida Dati a finalement tranché favorablement cette
affaire.
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Toutes deux Françaises, Mathilde et Séverine forment une union légale
au regard de la loi canadienne depuis 2005. Elles sont les mères d'un
petit Lucien né d'une procréation "amicalement assistée", comme la
nomme le code civil québécois. Ce qui signifie en clair qu'un des deux
parents est la mère biologique de l'enfant. Pourtant, malgré cette situation plutôt bien cadrée du point de
vue légal, leur fils ne parvenait pas à obtenir la nationalité
française.
Le consulat de France à Montréal leur avait refusé la
naturalisation de l'enfant, en novembre 2007, du fait de son acte de
naissance considéré comme "contraire à l'ordre public français" dans la
mesure où celui-ci mentionne les noms de deux femmes en qualité de
"mère", au contraire de la loi française qui ne mentionne comme mère
que la femme ayant accouché. En droit français, "est réputée mère la
personne qui a accouché", avaient fait valoir les services consulaires
pour justifier leur refus de rayer le nom de l'une des deux mères,
l'acte devant être transcrit "en bonne et due forme".
Il aura fallu l'intervention des deux sénateurs des Français de
l'étranger représentant le Parti socialiste qui ont adressé un courrier
à la Garde des Sceaux et une procédure auprès du Tribunal de Grande
Instance qui exerce la tutelle en matière d'état civil pour les
expatriés, pour qu'enfin Rachida Dati tranche favorablement ce dossier.
Grâce à une "déclaration de naissance", plutôt qu'un "acte de
naissance", le petit Lucien pourra finalement devenir Français à
condition de renoncer à une de ses mères. La transcription de l'acte ne
mentionnera, en effet, comme mère que la femme ayant accouché de
l'enfant.
D’autres types de demandes pourraient bientôt s’ajouter à celle-ci.
Séverine et Mathilde affirment connaître un couple d'homosexuel
français ayant adopté un enfant au Canada.
Ce dossier met une nouvelle fois en lumière les difficultés que
rencontre la France à mettre son droit interne en accord avec celui des
pays qui ont une législation plus avancées en matière de droits LGBT. Elle survient quelques semaines à peine après l'affaire
Minvielle, ce ressortissant français marié légalement en Hollande et
qui a perdu sa nationalité française.
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Source : E-llico.com
12/06/2008
Le
Parlement norvégien a adopté hier, mercredi 11 juin, un projet de loi
mettant sur un pied d'égalité les couples homosexuels et hétérosexuels,
tant pour le mariage et l'adoption d'enfants que pour la possibilité de
bénéficier d'une assistance à la fécondation. Les députés ont adopté le
texte longuement débattu par 84 voix contre 41. Les trois partis de la
coalition de centre-gauche au pouvoir et deux formations d'opposition,
le parti conservateur et le parti libéral, ont majoritairement voté
pour, le parti chrétien-démocrate et la droite populiste votant contre.
La
disposition la plus controversée de la loi donne aux lesbiennes le
droit de solliciter une insémination artificielle. Le donateur de
sperme doit être identifié afin que l'enfant puisse, s'il le souhaite,
connaître l'identité de son père biologique lorsqu'il atteint l'âge de
la majorité. La loi devrait normalement entrer en vigueur à la fin de
l'année ou au début de l'an prochain. L'homosexualité était illégale
jusqu'en 1972 en Norvège, un pays qui est depuis devenu l'un des plus
libéraux au monde dans ce domaine.
La Norvège devient ainsi le
quatrième pays européen, et le sixième dans le monde, à permettre le
mariage aux couples homos, après les Pays-Bas, la Belgique, l'Espagne,
le Canada et l'Afrique du Sud. Le Royaume-Uni permet un partenariat
civil proche du contrat de mariage. En France, Homosexualités et socialisme (HES) se félicite des avancées à l'étranger et note qu'elles sont réalisées «sous l'impulsion de majorités politiques à direction ou à forte participation socialiste».
Copyright tetu.com
07/05/2008
NEW YORK
(AFP) — La procréation par recours à des mères porteuses est en train
de révolutionner la famille traditionnelle aux Etats-Unis, et permet à
un nombre croissant d'homosexuels de devenir pères.
Katherine
et Connor sont jumeaux. A presque trois ans, ils vivent avec leurs
pères, Michael Eidelman et A.J. Vincent, dans le quartier de Chelsea à
New York. Les deux hommes ont investi amour, temps et quelque 150.000
dollars dans l'édification de cette famille.
Chacun
des deux hommes est le père biologique de l'un des jumeaux, conçus "in
vitro" grâce aux ovules acquis auprès d'une femme de l'Etat de
Washington (nord-ouest). Portés par une femme de l'Ohio (nord-est), les
enfants sont nés à Los Angeles (Californie, ouest), où la législation
sur l'état-civil est plus permissive.
"Bien
sûr nous avons des défis à relever, personne ne peut prévoir ce qui va
se dresser en travers du chemin, mais c'est sans doute ce que j'ai fait
de plus gratifiant dans ma vie", raconte à l'AFP Michael Eidelman, un
dermatologue de 40 ans qui exerce à New York.
Pour
mener à bien leur projet, les deux hommes ont eu recours à "Circle
Surrogacy", une agence située dans le Massachussetts (nord, est), autre
Etat où les lois sont plus souples.
"C'est
une affaire très rentable", reconnaît John Weltman, président de
"Circle". "En 12 ans notre croissance a été de 6.000% (... et) nous
comptons doubler nos profits dans les deux années et demi à venir".
Son
agence a commencé avec 10% de clients homosexuels et en compte
maintenant 80%, provenant de 29 pays. "Sur les 250 couples que nous
avons aidés, seuls quatre se sont séparés, soit moins de 2% de ruptures
comparés à la moyenne nationale de 50%", souligne-t-il.
Le
"gay baby boom" est constatable dans les parcs comme dans les
garderies: des familles composées d'un ou plusieurs enfants et de deux
pères ne surprennent plus à New York, où le mariage homosexuel reste
toutefois impossible.
Sanford
Benardo, président d'une autre entreprise spécialisée de Boston, le
"Northeast Assisted Fertility Group", affirme avoir des clients aux
Etats-Unis, en Asie, au Proche-Orient et même en Europe, où ces
opérations commerciales sont interdites.
Le
recours à ces agences coûte au moins 100.000 dollars: la mère porteuse
reçoit environ 25.000 dollars et la mère biologique, qui fournit
l'ovule, entre 4 et 10.000 dollars, alors que le reste sert à payer
l'agence, les frais médicaux et légaux.
Avec
l'adoption, cette nouvelle pratique aboutit à un véritable "gay baby
boom". En l'absence de statistiques certifiées, l'Académie américaine
de pédiatrie estime qu'actuellement entre 1 et 9 millions d'enfants
mineurs vivent avec des parents du même sexe.
Henry
est un beau bébé aux yeux bleus qui aura 2 ans en août, fils de
Christopher Hietikko et de Jeffrey Parsons, deux quadragénaires qui
vivent à New York. Il connaît sa mère Jessica, une lesbienne de
Californie qui l'a mis au monde.
"Nous
sommes très proches d'elle, nous ne voulions pas de ce côté
commercial", raconte à l'AFP Jeffrey Parsons, professeur de
psychologie. Henry est né d'un "cocktail" de ses deux pères, qui
prévoient un test ADN pour déterminer lequel d'entre eux doit être le
père du petit frère.
En
mars, la famille est partie en croisière avec quelque 500 enfants de
parents homosexuels: "ce qui était évident, c'est à quel point ces
enfants sont aimés et le savent", conclut Jeffrey Parsons.
Source : http://afp.google.com/article/ALeqM5ibcUOPyXN0x1wbFESmkqoG7KCKNw
18/03/2008
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| France 2 programme une nouvelle fiction sur l’homosexualité les 26 mars 2008 et 2 avril à 20h50. Ce téléfilm se situe au cœur des années sida. Présentation du film et rencontre avec le réaliseur. |
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Les fictions sur l'homosexualité réussissent plutôt à France 2 qui en a produit plusieurs de bonne qualité ces dernières années.
"Sa Raison d’être" est réalisée par Renaud Bertrand (déjà à l'oeuvre sur "Clara Sheller") et traite de l’homosexualité au cœur des années sida.
“A l’initiative de ce film, nous avons fait un constat aussi simple qu’inquiétant : après avoir, dans les années 80, fait les gros titres dans la plus grande ignorance scientifique, après avoir été traité comme un fait-divers terrifiant, le sida dès 1995 et la découverte des premières trithérapies a cessé de faire peur. Pourtant, le sida n’a jamais cessé de tuer", expliquent les producteurs et les scénaristes du film. "L’irruption du sida dans nos vies a bouleversé la société française en profondeur, ajoutent-ils. Nul ne peut nier qu’il y ait eu un avant… et un après. Car son irruption a modifié profondément les relations amoureuses. Vivre et aimer au temps du sida n’a plus rien à voir avec le temps d’avant".
C’est donc à travers un film de télévision qui raconte la vie d’un groupe d’amis confrontés à l’irruption du sida dans leur vie, du début de l’âge adulte à la maturité, de 1980 à nos jours, que l'équipe a voulu faire passer un message simple : "le sida est toujours là".
Dans les années 80, Nicolas et Bruno décident d’élever ensemble Jérémy, le fils d’Isabelle, leur sœur et compagne respectives, décédée dans un attentat. Alors que la maladie qui sévit dans toute la France porte enfin un nom, Nicolas, homosexuel, verra ses amis disparaître les uns après les autres. En vivant à ses côtés, Bruno devra affronter quant à lui les regards des autres et la bêtise humaine. Transfusé suite à l’attentat, le jeune homme apprend qu’il a été contaminé. Ses jours sont désormais comptés.
"Sa Raison d’être" est une fiction de 2 x 100 minutes dont le scénario, l’adaptation et les dialogues sont signés de Véronique Lecharpy (Le Miroir de l’eau, Ambre a disparu) et Pascal Fontanille (Un amour à taire).
A l’affiche, entre autres, Bérénice Bejo, Clémentine Célarié, Valérie Donzelli, Valérie Mairesse et Philippe Lefebvre. A découvrir sur France 2 les 26 mars 2008 et 2 avril à 20h50. Le double DVD sera mis en vente le 3 avril. | |
source : E-llico.com
23/01/2008
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La Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France mardi pour avoir refusé une adoption à une enseignante homosexuelle vivant en concubinage avec une autre femme, estimant qu'elle avait été injustement victime de discrimination. |
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"C'est une victoire de l'Egalité sur la peur, le préjugé et l'ignorance", s'est félicitée l'avocate parisienne de l'enseignante, Me Caroline Mécary.
Dans son arrêt, la Cour européenne "considère que la requérante a fait l'objet d'une différence de traitement" et souligne que cette différence qui se rapporte uniquement à l'orientation sexuelle "constitue une discrimination au regard de la Convention". "L'influence de son homosexualité sur l'appréciation de sa demande est non seulement avérée, mais a également revêtu un caractère décisif", indique encore la Cour dans son arrêt.
Par dix voix contre sept, les juges européens de la Grande chambre ont donc conclu à la violation de l'article 14 (interdiction de la discrimination) combiné avec l'article 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) de la Convention européenne des droits de l'homme. Ils ont alloué 10.000 euros à la requérante pour dommage moral.
L'arrêt aura des conséquences importantes pour tous les célibataires homosexuels car désormais "la France ne peut plus refuser un agrément à une personne célibataire en raison de son homosexualité et il en sera de même pour tous les autres pays membres du Conseil de l'Europe", souligne Caroline Mécary.
Le droit français, rappellent les juges européens, autorise déjà l'adoption d'un enfant par un célibataire, ouvrant ainsi la voie à l'adoption par une personne célibataire homosexuelle. La France n'aura donc pas à modifier sa législation pour se conformer à la décision obligatoire de la Cour, mais elle devra modifier l'interprétation et la mise en pratique de ses propres textes, selon les juristes européens.
Lors de la procédure devant la Cour européenne, la Fédération Internationale des ligues des Droits de l'Homme (FIDH), l'ILGA-Europe (the European Region of the International Lesbian and Gay Association), l'Association des Parents et futurs Parents Gays et Lesbiens (APGL) et la British Agencies for Adoption and Fostering (BAAF) avaient été autorisées à intervenir en qualité de tiers intervenants, une procédure exceptionnelle.
La requérante, qui protège son anonymat sous les initiales E.B., est institutrice dans une école maternelle dans le Jura. Aujourd'hui âgée de 45 ans, elle vit depuis 1990 avec une psychologue. Souhaitant adopter un enfant, elle a essuyé un refus de la part des services départementaux qui ont invoqué un défaut de "repères identificatoires" dû à l'absence de référent paternel et l'ambiguïté de sa compagne par rapport à une éventuelle adoption.
Les juridictions françaises ont confirmé le refus d'adoption, estimant que cette décision n'était pas fondée sur le choix de vie de la requérante, mais avait tenu compte des besoins et de l'intérêt d'un enfant adopté.
L'enseignante s'estimait victime d'une violation des articles 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) et 14 (interdiction de la discrimination) de la convention européenne des droits de l'Homme.
> HES : l'Europe au service de l'égalité des droits
Homosexualités et Socialisme (HES) se réjouit de la décision rendue par la Cour européenne "qui place le gouvernement français devant ses responsabilités". "Le débat doit désormais s'ouvrir au Parlement", estime HES qui rapelle que es députés socialistes ont déposé, dès 2006, et à nouveau le 15 janvier 2008, une proposition de loi visant à aménager les conditions d'exercice de la parentalité. Cette proposition prévoit en particulier l'ouverture de l'adoption aux couples de même sexe. Rappelant que ce sont les Conseils généraux qui sont chargés de la procédure d'agrément pour adoption, Homosexualités et Socialisme invite les candidats aux élections cantonales à s'exprimer pendant la campagne. "S'engagent-ils à ne jamais retenir le critère de l'homosexualité pour refuser l'agrément pour adoption ?", interroge HES. | | |
source : E-llico.com
10/11/2007
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La Défenseure des enfants, Dominique Versini, a plaidé mercredi pour la création d'un "statut de la tierce personne", qui partage ou a partagé la vie d'un enfant, estimant "réducteur" de ne s'intéresser qu'aux beaux-parents.
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En août, le président Nicolas Sarkozy a chargé le ministre de la Solidarité Xavier Bertrand de créer un "statut" pour donner aux beaux-parents des familles recomposées une existence juridique, notamment pour protéger les liens affectifs entre ces adultes et les enfants de leur conjoint.
Un colloque auquel participaient des juristes, sociologues, associations familiales ou parlementaires s'est tenu mercredi à Paris, à l'initiative de Dominique Versini (photo), et une synthèse en sera remise à Xavier Bertrand. "L'ensemble des participants ont été plus favorables à un statut des tiers qu'à un statut du beau-parent car il y a aussi d'autre membres de la famille qui interviennent dans la vie des enfants, tels les grands-parents", a expliqué Dominique Versini à l'issue de la rencontre.
"Le compagnon, dans un couple homosexuel, peut-il être considéré comme un beau-parent ?", s'est-elle également interrogée. A l'instar de Mme Versini, Hugues Fulchiron, professeur de droit et président de l'Université Lyon III, estime qu'il faut étendre le statut de la tierce personne à "l'ensemble des tiers". Il juge "inopportun" de créer un statut spécifique en cas d'homoparentalité, car, "juridiquement, il n'y a pas de différence à faire entre des situations concernant des personnes de même sexe ou de sexes opposés", a-t-il dit.
"Il ne s'agira pas d'un statut obligatoire", a expliqué Dominique Versini. "Ce n'est pas parce que l'on devient beau-parent que l'on a des droits sur l'enfant de l'autre. C'est quelque chose qui se crée au fil du temps", a-t-elle dit soulignant l'importance de "préserver l'enfant des ruptures de lien".
Dans un rapport remis il y un an au président Chirac, la Défenseure des enfants rappelait que "près d'un enfant sur quatre est amené à grandir dans une famille monoparentale, recomposée ou homoparentale", et déplorait que le statut du tiers ne soit "pas suffisamment pris en compte dans la loi française". "L'enfant peut sans arrière-pensée aimer ses parents et aimer aussi une personne qui l'élève, aimer sa nounou et un beau-parent", a souligné Dominique Versini en clôturant le colloque. | |
source : E-llico.com
07/11/2007
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Gay Lib, mouvement LGBT au sein de l'UMP, a salué lundi le jugement de la cour d'appel de Paris reconnaissant comme parents un couple ayant eu recours à une mère porteuse, y voyant le signe que cette question n'était "plus un tabou". |
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La cour d'appel de Paris a reconnu, il y a quelques jours, comme "parents" un couple français qui avait eu recours en 2000 à une mère porteuse américaine pour donner naissance à des jumelles, mettant fin à des années de démêlés judiciaires.
"Même si la Cour de cassation peut encore casser ce jugement, considérant, comme c'est le cas jusqu'à présent, qu'il s'agit d'un détournement de l'adoption, il est le signe que le recours à ce qu'on appelle communément une 'mère porteuse' n'est plus considéré comme un tabou", estime Gay Lib, dans un communiqué.
L'association rappelle que l'interdiciton actuelle en France d'avoir recours à la "gestation pour autrui" (GPA, ou mère porteuse) "conduit de plus en plus de couples à se rendre à l'étranger (...), multipliant ainsi les cas d'enfants en situation de fragilité juridique" et les "discriminations sociales, compte tenu des coûts engendrés".
Gay Lib souhaite que "la révision des lois bioéthiques en 2009 soit l'occasion, pour les parlementaires, d'aborder sereinement et lucidement ces questions et de déboucher sur des dispositions concrètes" pour répondre aux "besoins des couples hétérosexuels comme homosexuels, qui vivent dans la détresse de ne pouvoir fonder une famille". "Ignorer cette réalité, c’est également laisser des pays étrangers décider des protocoles régissant la GPA et laisser perdurer une discrimination sociale significative compte tenu des coûts engendrés", ajoute le mouvement gay.
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source : E-llico.com
28/10/2007
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La mairie de Bordeaux a saisi le procureur de la République de Bordeaux d'une requête en suppression de prénom après qu'une lesbienne eut donné à son fils comme deuxième prénom le nom de famille de sa compagne. "Une croisade contre l'homoparentalité" selon la Lesbian & Gay Pride de Bordeaux. |
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Un couple de jeunes femmes bordelaises a eu un enfant au mois de février dernier. Le jour de l'accouchement, une personne déléguée de l'Etat civil recueille à l'hôpital la déclaration de l'enfant auprès de la maman. Le couple a décidé de lui donner en deuxième prénom le nom de famille de la compagne de la maman biologique. L'officier est sceptique mais depuis la loi du 8 Janvier 1993, les Etats civils ne peuvent plus refuser l'enregistrement d'un prénom, ils peuvent seulement demander leur suppression a posteriori.
Interrogée sur ce second prénom, la maman explique qu'elle est homosexuelle et que son couple désirait un enfant. Elle a procèdé à une IAD (Insémination Artificielle avec sperme de Donneur) en Espagne.
Le lendemain de l'accouchement, l'Etat civil de la Mairie de Bordeaux téléphonne à la maman encore alitée à l'hôpital. "Ce que vous avez fait est illégal, ce n'est pas normal et ça ne va pas se passer comme ça, ça finira au tribunal" lui indique-t-on. La Mairie de Bordeaux décide alors de saisir le procureur de la République pour faire interdire le second prénom, au motif qu'il serait "contraire à l'intérêt de l'enfant".
Le procureur reçoit la demande de la Mairie et interpelle le Juge aux Affaires Familiales pour faire modifier ce second prénom. Dans son courrier le procureur explique : "Le 6 mars 2007, Monsieur le Maire de Bordeaux a saisi le Parquet sur le choix du second prénom qui ne correspond à aucun usité mais semblerait être un nom patronymique, peut-être celui du compagnon ou de la compagne de la mère".
Le 20 septembre, le JAF entend la maman ainsi que le procureur. La première fait observer que cette pratique est admise par d'autres mairies, le second défend le contraire. Le JAF sursoit à statuer et invite les parties à produire leur pièce pour le 15 novembre prochain.
La Lesbian & Gay Pride de Bordeaux, qui révèle l'affaire aujourd'hui, produit plusieurs attestations de couples homoparentaux (obtenus grâce à l'association "Enfants d'Arc en Ciel") selon lesquelles le deuxième prénom de l'enfant est précisément le nom de famille du compagnon ou de la compagne du parent biologique.
Matthieu Rouveyre conseiller municipal socialiste et président de la LGP-Bordeaux parle de "croisade d'arrière-garde" pour qualifier la démarche de la Mairie. Il estime que "les couples homoparentaux ont le droit à la reconnaissance" et veut croire que le Juge aux Affaires Familiale confirmera la légitimité du choix du patronyme du second parents comme prénom de l'enfant, le 15 novembre prochain. Dans le cas inverse, la LGP-Bordeaux saisira la Halde de cette affaire.
A la mairie de Bordeaux, on se défend de toute homophobie. Selon Didier Cazabonne, deuxième adjoint au maire en charge de l'administration générale, "il ne s'agit pas d'un problème d'homophobie, il s'agit de l'application stricte du code civil".
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source : E-llico.com
10/10/2007
Cette expo me bouleverse ...
Dans le cadre de l'opération « Octobre rose » qui vise à lutter contre le cancer du sein et prévenir la maladie, une cinquantaine de photographies sont exposées et accessibles au public depuis le 2 octobre dernier et jusqu'à la fin du mois dans le hall du ministère de la Santé à Paris.
Parfois, un projet vous touche tellement, qu'il transforme irrémédiablement votre existence.
Aujourd'hui, maintenant, je dois avouer que j'ai été le témoin privilégié de ce que l'âme humaine fait de mieux quand elle affronte les flots déchaînés : elle se révèle dans toute son intelligence et sa volonté, ses pensées et son coeur.
Elle métamorphose le corps pour le rendre lumineux.
En octobre 2004, le Professeur Pascal Bonnier m’a proposé de partager un rêve ; son rêve. Celui de réaliser un livre de vie recueillant les témoignages de femmes affrontant leur cancer du sein.
Devant ce magnifique projet, j’ai immédiatement dit oui. Oui à ce magnifique rêve qui m’était offert de donner l’espoir. Oui à ce vertigineux challenge. Oui à la formidable opportunité qui m’était proposé de rendre hommage à toutes ces femmes courageuses qui sont nos mères, nos compagnes, nos sœurs, nos proches.
J’étais loin d’imaginer, alors, quel long chemin difficile nous allions devoir parcourir pour donner naissance à un ouvrage unique. Unique, oui. Parce que, voyez vous, dans un monde saturé par des millions d’images de toutes sortes, de toutes natures, il en manquait d’essentielles.
Dans une société ou une femme sur 10 sera atteinte d’un cancer du sein, il n’existait, jusqu'à aujourd’hui, aucun document, aucun ouvrage photographique susceptible de les accompagner pendant et après leur maladie. Aucun outil mis à la disposition des médecins, aucun livre pour accompagner les femmes atteintes dans leur combat contre la maladie. Aucune image pour aider leur proche à les aider.Cela semblait incroyable, mais personne n’avait pu mettre à la portée des femmes atteintes d’un cancer de telles images. C’était une injustice, il fallait la réparer, combler une attente, un besoin de reconnaissance légitime.Il y avait urgence à dire à toutes ces femmes combien elles comptent pour nous et leur témoigner de tout notre soutien dans leurs combats quotidien : Celui contre la maladie certes, mais aussi dans leur combat à être belles, femmes et différentes.
Bien sur, nous avons été bouleversé et angoissé par l’ampleur de cette responsabilité qui, très vite, s’est imposé.Il a fallu avancer, ensembles, avec le Professeur Pascal Bonnier et toute notre équipe. Et comme chaque une des femmes qui allait être photographiée, il a fallu affronter nos doutes, nos interrogations, mes limites. Pour réaliser ce livre, vous l’avez compris, je devais capturer leurs portraits.
Alors, il a fallu placer un cadre. C’est la structure fondatrice de toute photographie. Et il est impossible d’y échapper : il faut penser le cadre comme une fenêtre par laquelle le monde nous est donné à regarder. Et cette fenêtre ne pouvait dévoiler que la plus stricte vérité. Ce cadre, il devait être le même pour toutes, par souci de justesse, d’égalité, d’honnêteté. L’exercice ne pourrait qu’être périlleux, difficile, délicat. Il fallait un fond neutre, deux éclairages, le plus souvent une seule optique dont l’angle de vision se rapproche au plus près de l’œil humain.
Pour ne pas se dérober, pour faire face. Aucun artifice, pas de coiffeuse, ni de maquilleuse, pas de costumière. Je leur demandais de « venir habillées de leur quotidien ». Pour ne garder que l’essentiel, finalement. Tout le reste devait être improvisé, décelé, ressenti. A corps perdus, elles ont mis leurs vies en apesanteur pour offrir leur féminité, leur intimité, leur combat à l’œil cyclopéen du grossier individu qu’est l’appareil photographique.
Nos rencontres, nos histoires ne pouvaient être dénuées de sincérité et de vérité. Je me souviens de notre première séance photo dans une salle inadaptée à la photographie en studio. Nous étions dans un hôpital et dans un local trop petit. J’étais terrifié. J’avais peur de ne pas pouvoir me montrer à la hauteur de leurs attentes. De les décevoir.Mon épouse venait de donner naissance à notre fils, je me suis accroché alors à eux.Je me souviens bien de cette première séance photo. Parce que ce jour là, malgré mes peurs, j’ai su que je ne reculerai pas. Marie est entrée. Nous avons fait connaissance. Il s’est passé alors quelque chose de magique. Marie m’a offert le plus beau cadeau que l’on puisse faire à un photographe, elle m’a donné sa confiance. Aujourd’hui, elle est la couverture de ce livre, de son livre. Et son courage inonde les pages de son ouvrage.Et puis il y eu Corinne, Hélène, Antonie et toutes les autres femmes exceptionnelles que j’ai eu l’immense honneur de photographier.Au fil des mois, nous nous sommes réconforter, nous avons partagés nos vies, nos sourires, nos souffrances.Nous avons échangés, appris à nous oublier pour se découvrir, s’aimer aussi, un peu, beaucoup.
Et tout cela dans un seul et unique but : révéler la force de leur personnalité.Sans compromis, sans tricher. Vous voulez savoir ? Je n’ai pas vu les cicatrices. Je n’ai pas vu de seins enlevés, de corps abîmés. Je vous mentirais en vous disant le contraire parce que mon esprit, mon œil n’a rien vu de tout cela. Sans doute parce qu’il était subjugué par leur féminité, par cette étincelle vive qui brille dans leur regard et par la vie qui déborde intensément d’elles. Je l'ai écrit, je le répéterais sans cesse : J’ai été le témoin privilégié de ce que l’âme humaine fait de mieux quand elle affronte les flots déchaînés. Elle se révèle dans toute son intelligence et sa volonté, ses pensées et son cœur. Elle métamorphose le corps pour le rendre lumineux.Voyez leurs images. Elles sont le plus beaux des exemples.
Ces photographies, je dois le concéder, ont accompagnées chacun de mes jours depuis ces deux dernières années. Ce projet est le projet d’une vie. Il existe peu d'histoires aussi belles à raconter. Il y a peu de chances de pouvoir se rendre utile, une fois, dans sa vie.Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas ici d’une démarche photographique mais bien de rédemption. J’ai exposé mes ténèbres, elles m’ont donné leur lumière. Elles m’ont reconstruit, je leur dois tant. Je pense parfois à la réponse que m’a donné un éminent responsable d’une grande manifestation photographique du sud est de la France quand je lui ai proposé de parler de cet ouvrage.
"Pourquoi le cancer du sein en France " m’a-t-il demandé ? "Pourquoi pas en Angleterre ou au Nigeria ?"
Oui, pourquoi ? Pourquoi faut il parfois traverser les océans pour faire entendre la guerre des autres quand la guerre des nôtres reste silencieuse ? Et sans grand intérêt pour certains ?
A ceux la, je réponds invariablement sur le besoin urgent et vital de leur rendre hommage. De leur dire merci.
Merci d’être là à nos côtés, merci de nous pardonner à nous, pauvres fous, nos erreurs, nos silences et de ne pas les aimer suffisamment. Merci pour leurs sourires et la force qu’elles nous donnent. Merci de nous permettre d’assister à leur magnificence lorsqu’elle crée la vie. Merci à mon épouse de m’avoir fait père.
Je n’aurais jamais assez de mots pour leur avouer mon admiration. Je tenais à leur dire, je tiens à vous le dire.
Ce livre est une promesse. Un présent. Un abri quand les tumultes grondent à votre porte. Regardez le, tournez ses pages. Nous l’avons voulu pour vous et pour toutes les femmes, afin de vous accompagner chaque jour dans votre vie, dans votre combat.
Ce livre c’est le leur, ces images ne sont que le reflet de leur générosité. La traduction visuelle de notre odyssée. La promesse d’un avenir.
Il y a quinze ans, dans un quartier pauvre de Washington DC, je suis tombé nez à nez avec une inscription qui n’a eu de cesse de me hanter depuis. Sur un mur de briques rouges, on pouvait lire un appel anonyme peint en lettres blanches.
Il demandait : « Peut on recycler la douleur ?» Pendant longtemps je n’ai pas eu de réponse à cette question. Aujourd’hui, grâce à Elles, je sais que cela est possible. Non seulement on le peut mais on le doit.
ãFlorian Launette. Juin 2007.
Note : Ce livre, ce projet n'aurait jamais pu voir le jour sans la volonté d'un homme. Un homme dont les qualités humaines sont exceptionnelles. Uh homme qui n'a eu de cesse de voir aboutir ce livre dans un seul et unique but: aider les femmes, toutes les femmes. Sa vie est un sacerdoce. Ce projet est son projet. Cet homme s'appelle Pascal Bonnier.
Pour moi, il représente bien plus qu'un grand médecin. Il est un mentor, un exemple à suivre, l'homme que j'aimerais être demain. Je remercie tout particulièrement Paola Scemama pour m'avoir aider, chaque jour, à affronter mes peurs, mes doutes. Pour me retrouver lorsque j'étais perdu. Et puis aussi Gismonde Quinson pour être là, à chaque instant, afin d'améliorer ces petits riens qui sont des grands touts. Patrick Lebrat pour son talent et sa patience.
Et puis merci encore à Bruno, à Thierry pour être...simplement mes amis. Catherine Estève pour son dévouement à notre cause. Ariane pour ses conseils.
A Emma, qu' il me tarde tant de revoir.
source : blogs.laprovence.com

14/09/2007
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| Le nombre de couples du même sexe a bondi d'un tiers en cinq ans au Canada, mais ceux-ci ne représentent que 0,6% de l'ensemble des couples de ce pays, l'un des rares à avoir légalisé les unions de même sexe, a indiqué mercredi l'institut de la statistique. |
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Dans un rapport analysant le recensement de 2006, Statistique Canada a dénombré 45.345 couples homosexuels, dont 7.465 étaient mariés. C'est la première fois que l'institut comptabilise les couples homosexuels mariés, suite à la légalisation en juillet 2005 des mariages entre personnes du même sexe.
Le nombre de couples du même sexe a augmenté de 32,6% entre 2001 et 2006, soit cinq fois le taux de croissance des couples hétérosexuels. Mais leur pourcentage demeure infime. Les couples du même sexe, mariés ou vivant en union libre, représentant 0,6% des couples, note Statistique Canada.
Quant aux couples homosexuels légalement unis, ils représentent 0,12% de l'ensemble des quelque 6,1 millions de couples mariés, soit un sur 800. La moitié de ces couples homosexuels vivent dans les trois grandes régions métropolitaines canadiennes, Montréal, Toronto et Vancouver. |
source : E-llico.com |
01/09/2007
«Enjoy rugby in the capital of love», titre la campagne, diffusée dans la presse anglaise et le métro de Londres.
Destinée à l'Angleterre, la nouvelle campagne d'affichage du Comité régional du tourisme Ile-de-France présente notamment un visuel en forme de double allusion à la prochaine Coupe du monde de rugby en France, et à la réputation romantique de Paris. «Enjoy rugby in the capital of love», titre l'affiche, qui montre des rugbymen s'embrasser et se tripoter en pleine mêlée! Une photo plutôt drôle et sexy, prise au stade Charléty, dans laquelle apparaissent d'ailleurs quelques membres de l'équipe gay des Gaillards parisiens, au milieu d'acteurs embauchés pour l'occasion. La campagne est réalisée par l'agence BDDP & Fils. Elle a démarré début juillet et sera diffusée jusqu'en septembre dans toute la presse anglaise.
«L'accueil a été à la mesure de nos attentes: cette publicité a fait parler d'elle, et elle a affirmé la France comme une destination ouverte», affirme-t-on, à Paris, au Comité du tourisme. Seul le Daily Telegraph aurait hésité, de peur de choquer son public, mais a finalement accepté de la publier dans ses pages. Tandis que dans l'Émirat arabe de Dubaï, l'édition londonienne du Times où elle figurait a été bloquée à la douane et soumise à l'expertise de la commission de censure… Finalement, celle-ci a donné son accord, estimant, selon Vijayan Menon, un membre de la commission, que «cette publicité représente un sport de contact. En réalité les joueurs ne s'embrassent pas, mais semblent plutôt être en train de se mordre»…
Ci-dessus, animation vidéo de l'affiche, diffusée en boucle sur les écrans des dix plus grandes gares de Londres (Waterloo, Victoria Station, Liverpool Street, King's Cross, Euston...)
source : Têtu.com
28/08/2007
Malgré ses difficultés actuelles dont la presse généraliste s'est largement faite l'écho (voir notamment l'article paru sur LeMonde.fr), le magazine Têtu a sorti cette semaine son édition de rentrée.
Un des articles traités :
Homoparents au quotidien ...
06/05/2007
Sarkozy promet une France du travail, de l'autorité, de la morale ...
Salle Gaveau, dimanche soir, après l'annonce des résultats. REUTERS
Le candidat de l'UMP, qui l'a emporté face à Ségolène Royal avec 53% des suffrages exprimés (Sofres), s'est exprimé à Paris devant ses supporteurs. Commencent les tractations à droite et les règlements de compte à gauche.
Les priorités de Nicolas Sarkozy
Sarkozy a fixé son calendrier et les dossiers qu'il traitera en priorité, dont l'immigration et la sécurité. Tour d'horizon de ses grands chantiers. (Lundi 7 mai 2007 à 11h00)
Finalement, c’est lui. Nicolas Sarkozy, le candidat de l’UMP, a été élu président de la République française avec 53% des suffrages exprimés. A 52 ans, il accède au poste suprême qu’il vise depuis au moins cinq ans. Ségolène Royal, la candidate du PS, recueille quant à elle 47% des voix. Au premier tour, elle avait réussi à égaler le score réalisé par François Mitterrand en 1981. Là, la gauche aura les yeux rivés sur le score réalisé en 1995 par Lionel Jospin, face à Jacques Chirac. A l’époque, Chirac l’avait emporté avec 52,6% des voix. Jospin recueillant 47,4% des suffrages. Un score proche pourrait servir d’assurance-vie à Royal. En dessous, il signerait une défaite relativement sévère.
Sarkozy a fait la course en tête durant la campagne. Depuis janvier, il a devancé sa rivale dans les enquêtes d’opinion et a obtenu 31,18% le 22 avril, contre 25,87% pour sa rivale. Il s’est voulu rassembleur dans sa première allocution devant ses partisans, salle Gaveau à Paris, s’adressant aux «millions de Français qui m’ont jugé digne» de la fonction. Mais souhaitant aussi parler à «madame Royal»: «Je veux lui dire que j’ai du respect pour elle et pour ses idées. Le président doit aimer tous les Français, et mes pensées vont à ceux qui n’ont pas voté pour moi.»
Un peu plus tôt dans la soirée, la candidate socialiste avait elle aussi remercié ses électeurs, les «jeunes» qui se sont mobilisés. Oubliant dans le discours de remercier le PS. «Nos valeurs finiront par triompher», a-t-elle lancé depuis le balcon du siège du Parti socialiste, rue Solférino à Paris. Le taux de participation record laisse peu de place à la contestation. Pour la deuxième fois en quinze jours, les Français se sont rendus aux urnes en masse, et le précédent record de participation au tour décisif, remontant à 1974 (87,33%), pourrait être approché, voire battu. La participation au second tour de l’élection présidentielle serait de 86%, une estimation faite peu avant 18 heures. Ce taux constituerait l’un des plus forts sous la Ve République (85,85% en 1981). Au premier tour de scrutin le 22 avril, la participation avait atteint 83,77%. La question du second tour reposait dans le report des voix des électeurs de François Bayrou (18,57 % des voix, 6,8 millions de votants) et de Jean-Marie Le Pen (10,44% des suffrages, 3,8 millions de votants).
L’OPA sur les électeurs de l’UDF et du Front National a tourné à l’avantage du candidat de droite: selon certains sondages, les électeurs centristes se seraient reportés à 40% sur Ségolène Royal, 40% sur Nicolas Sarkozy. 20% d’entre eux choisissant l’abstention ou le vote nul. 66% des électeurs du Front national ont choisi le candidat de l’UMP, 15% la candidate du PS. 19% s’abstenant ou votant blanc ou nul. Les électeurs ont montré une grande appétence pour le candidat de «la France qui se lève tôt» et qui demande «de travailler plus pour gagner plus». Nicolas Sarkozy, dès son premier discours, est resté en ligne avec ces annonces de campagne: il souhaite «réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect et le mérite». Il s’est dit fier d’appartenir «à une grande et belle nation», lâchant un «j’aime la France» très applaudi. Nicolas Sarkozy a parlé aux partenaires européens de la France, mais aussi aux Américains. Un mot aussi pour l’Afrique. Comme pour n’oublier personne.
De manière plus terre à terre, s’ouvre maintenant la grande période de tractation gouvernementale pour la droite. Le nom de François Fillon comme Premier ministre potentiel revient le plus souvent. Sarkozy a promis un gouvernement resserré, de 15 membres, paritaire, largement ouvert sur la société civile. Reste à savoir quelle place sera laissée à certains poids lourds comme Jean-Louis Borloo ou Michèle Alliot-Marie. Certains noms surprises, comme Philippe Seguin ou l’ancienne patronne de la CFDT, Nicole Notat, sont murmurés. Un moyen comme un autre pour Sarkozy de balayer son image de candidat cherchant à concentrer tous les pouvoirs.
Reste à voir comment la gauche va digérer la défaite. Au PS, ces derniers temps, les premières critiques sur la campagne menée en «femme libre» par la candidate ont commencées à être édictées à voix haute. Certains appellent de leurs voeux une recomposition de la gauche de la gauche. D’autres espèrent se débarrasser de François Hollande, le premier secrétaire, accusé de tous les maux. Ségolène Royal ne semble pas vouloir s’éclipser au profit du parti. «Vous pouvez compter sur moi pour mener la rénovation de la gauche au delà de ses frontières actuelles, conditions de nos victoires futures.» Dominique Strauss-Khan, lui aussi, avait très vite annoncé son intention de rénovation. Il a fustigé un parti socialiste qui ne «s’était pas suffisamment renouvelé (...), la cause de l’échec». Il s’est dit «disponible» pour mener cette rénovation. A Solférino, la chasse au premier secrétaire est ouverte.
Dans la peau de Nicolas Sarkozy
Le parcours du candidat de l'UMP, son tempérament, sa personnalité, son parcours et son rapport aux médias
Source : libe.fr
Les priorités de Nicolas Sarkozy
Sarkozy a fixé son calendrier et les dossiers qu'il traitera en priorité, dont l'immigration et la sécurité. Tour d'horizon de ses grands chantiers. (Lundi 7 mai 2007 à 11h00) 08/04/2007
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Il faut du courage à Bruno Wiel. Du courage pour lutter contre les conséquences de la terrible agression qu’il a subie, l’été dernier, et qui a failli le tuer. Du courage aussi pour témoigner de ce qu’est aujourd’hui sa vie, de ce que sont ses envies… En convalescence loin de Paris, Bruno Wiel témoigne pour "Illico". |
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Illustration : Bruno Wiel par Yul studio
Comment se déroule votre convalescence et quelles sont les conséquences sur votre santé de la terrible agression dont vous avez été victime l’été dernier ?
Je suis actuellement en convalescence chez ma mère où j'ai déjà longtemps vécu avant mon arrivée à Paris en 2002. Je me suis donc rapproché de mes vrais amis ainsi que de l'un de mes petits frères, le second étant toujours dans le 14ème. Suite au traumatisme crânien, une des parties de mon cerveau ne fonctionne plus, l'autre a pris le relais mais le temps de circulation des informations est très long et je dois continuer à suivre une rééducation par une orthophoniste, qui est aussi neuropsychologue. De plus, je suis très fatigable et n'ai plus aucune résistance physique : les nuits blanches et la tournée des bars du Marais ne me sont plus possibles ! Cette agression a totalement modifié ma vie et je ne serai plus le Bruno d'avant l’agression.
Quelles ont été les conséquences de votre agression pour vos proches, votre famille ?
J'ai toujours été proche de ma famille (mère, tante, frères).Tout le monde connaissait mon homosexualité. Toute ma famille et mes amis ont été et restent extrêmement choqués par ce qui m’est arrivé. Leur soutien a été essentiel, vital pour moi. Sans mes proches, je n’aurai pas trouvé la force de survivre et céderait aujourd’hui au découragement devant les efforts qu’il faut continuer d’accomplir pendant encore .….
Vous savez que votre agression a énormément marqué la communauté gay. Cette dernière s’est notamment mobilisée pour aider à identifier vos agresseurs, a adressé des messages de sympathie, s’est sentie concernée et solidaire. Qu’en avez-vous pensé ?
Il est certain que ma réponse première est que ce qui m'est arrivé ne doit pas se reproduire. Nous sommes dans le pays des droits de l'homme. Les préférences sexuelles ne sont pas une couleur de peau mais j'associe l'homophobie à du racisme. J’espère vraiment que ce qui m'est arrivé n'arrivera plus. L'homosexualité est victime de trop de fausses idées en France. Nous payons nos impôts comme tout le monde et avons sur nos salaires des cotisations pour les enfants alors que le droit d'adoption nous est refusée.
Aujourd’hui, vos agresseurs ont été interpellés ou se sont rendus à la police. Comment avez-vous appris ces nouvelles et quel a été votre réaction ?
Ma tante de Paris qui est boulangère et qui est aussi et surtout ma marraine, a toujours eu des contacts avec les policiers qui étaient en charge de l'enquête. Ils ont beaucoup fréquenté le Banana mais aussi le Cargo [aujourd’hui fermé] qui étaient les deux lieux où je passais le plus de temps. Je remercie énormément Carlos, patron du Cargo, et Blanche, une des responsables du Banana, pour leur énorme soutien et l'affection qu'ils m'ont apportés : ils étaient et restes des amis.
D’ici quelques mois, un procès aura lieu. Qu’en attendez-vous sur le plan personnel ?
Comme je le précisais plus haut, les mentalités françaises doivent évoluer. J'espère sincèrement que cela servira d'exemple : on ne peut vouloir prendre la vie de quelqu'un simplement du fait de ses attirances sexuelles. Lorsque deux hommes font l'amour : à qui font-ils du mal ? Seulement aux gens qui ne veulent ou ne peuvent comprendre. Je n'ai jamais eu de soucis avec ma famille, même ma grand-mère, aujourd’hui décédée, était au courant et a accepté. Eric la personne avec qui j'ai vécu cinq ans, qui habite maintenant à Marseille, est venu plusieurs fois me rendre visite à l'hôpital. Je veux vraiment que ce procès apporte quelque chose à la cause homo : nous ne sommes pas que ce qui est montré de nous dans les médias. Ma plus grande fierté, après ce que j'ai traversé, serait qu’il y ait une plus grande tolérance vis à vis des gays. Je compte œuvrer en ce sens.
Pour vous, est-ce important de savoir pourquoi et comment vos agresseurs sont devenus homophobes et si c’est la haine des homosexuels qui les a d’abord conduits à vous agresser si violemment ?
Je ne peux répondre à cette question car je ne sais pas encore qu'elles étaient leurs motivations. Pour ma protection, la bonne marche de l’instruction la défense de mes intérêts, je ne souhaite pas communiquer pour l’instant sur le fond du dossier.
Aviez-vous déjà été confronté à l’homophobie dans le passé ?
Je n'ai jamais été confronté à l'homophobie. Pourtant je représente le cliché facile : je suis blond, très mince : c'est tatoué PD sur moi ! Pourtant lors de ma dernière expérience professionnelle, je suis gestionnaire des paies et non pas comptable comme la presse l'a écrit, je n'ai pas révélé mon homosexualité et ai laissé planer le doute. Certains s'en sont doutés et en ont parlé à mes collègues. Je n'ai jamais eu de soucis concernant mon homosexualité que ce soit au sein de ma famille ou de mon entourage professionnel. Je ne m'en suis pourtant jamais caché et suis fier d'être PD.
Vous acceptez aujourd’hui, courageusement, de témoigner de votre agression et des suites qu’elle a pour vous et vos proches. Qu’est-ce que cette dramatique expérience vous incite à dire aujourd’hui aux gays ?
Je souhaite que mon agression fasse avancer les mentalités françaises et que nous allions une plus grande tolérance. Nous sommes imposés et payons nos cotisations salariales comme tout le monde, comme les hétéros. Nous pourrions tout de même être autant respectés et tolérés.
Vous êtes jeune. Vous avez vécu une expérience particulièrement traumatisante. Comment voyez-vous l’avenir ?
Comme mes proches ne cessent de me le dire. J'ai énormément mûri et vieilli. Pas physiquement, on me donne toujours 22 ans ! Je suis désormais beaucoup plus réfléchi, beaucoup moins impulsif. Je souhaite vraiment que ce qui m'est arrivé n'arrive plus et que notre cher pays ouvre enfin les yeux sur ses citoyens gay. Je me suis certes fait agresser et aurais dû mourir mais mon orientation sexuelle ne changera pas : je resterais homo toute ma vie. J'en ai toujours été fier et l'ai toujours clamé haut et fort. Je ne souhaite aucunement changer ma vie. Je souhaite juste que le procès arrive très vite pour enfin pouvoir tourner la page et repartir dans une vrai vie.
Propos recueillis par Jean-François Laforgerie
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source : E-llico.com
27/03/2007
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Une haine ordinaire
C’est un véritable événement que la sortie en salles de "Au-delà de la haine". Non seulement parce que le documentaire d’Olivier Meyrou consacré à la mort de François Chenu est un grand film, mais aussi parce qu’en pleine campagne électorale cette sortie ramène la question de l’homophobie au cœur du débat. Rencontre avec le réalisateur. |
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"Sachez que malgré notre peine, notre souffrance, aucun désir de vengeance ne nous anime. Justice a été rendue. Il fallait qu’elle le soit. Pour vous. Pour vous rendre votre dignité d’êtres humains. Dignité que vous aviez perdue en tuant François. [...] C’est dans l’épreuve que vous allez pouvoir devenir des hommes, capables d’apprendre que le courage ne consiste pas à s’attaquer au faible, mais à se regarder en face. Nous vous souhaitons d’essayer, et d’y parvenir." C’est sur ces mots incroyables et bouleversants d’une mère aux assassins de son fils que se termine "Au-delà de la haine", formidable documentaire dont le point de départ est la mort dans un parc de Reims, en septembre de 2002, de François Chenu, massacré par trois skinheads venus là casser du pédé.
Lorsque le film commence, 730 jours se sont écoulés depuis la mort de ce jeune homme de 29 ans, et le procès des trois meurtriers s’approche. C’est lui qui constitue le cœur du travail exceptionnel d’Olivier Meyrou, ce procès où se font face trois gamins paumés enrôlés dans une idéologie haineuse, et la famille de la victime. Et c’est au terme de ce processus judiciaire exemplaire au cours duquel les avocats des criminels ont toujours reconnu l’horreur des actes, où les parents ont montré une dignité, une humanité et une force d’âme inouïes, où les magistrats ont fait preuve d’une intelligence rare, et où les tueurs ont fini par reconnaître leurs crimes et par être condamnés, que Marie-Cécile Chenu envoie cette lettre aux trois jeunes gens qui lui ont enlevé son fils. Cette lettre est une sorte de condensé stupéfiant du film d’Olivier Meyrou qui est autant sur l’homophobie au front de bœuf que sur le pardon, sur l’importance de la justice que sur la nécessité de la tolérance, sur le rapport entre des parents et leur enfant homosexuel que sur le devoir de mémoire…
La sortie en salles dans une version plus longue (90 minutes contre 52 précédemment) de ce documentaire déjà diffusé à la télévision, sur France 5, accentue encore sa force, notamment en rendant encore plus nets les parti pris de son auteur : parti pris intellectuels bien sûr (la volonté de rendre hommage à la victime et en même temps de dire des choses sur la société française dans son rapport à l’homosexualité, la pudeur avec laquelle il montre le procès, la proximité qu’il installe avec les parents de François Chenu, rencontrés deux mois avant les premières prises de vues et suivis tout au long de ce parcours qui va de l’avant à l’après procès, etc.) mais surtout parti pris esthétiques. Car c’est un autre aspect essentiel d’"Au-delà de la haine" que d’être aussi, de façon très nette, un vrai film de cinéma et de cinéaste dont la forme n’est pas neutre : ainsi cette absence totale de toute image de François Chenu, ou ces plans dans le bois où il a été tué, ou cette manière de ne pas insister sur l’émotion intense des parents en ne les filmant pas toujours lorsqu’ils parlent. Il y a là une rigueur dans l’écriture, une façon de dire non aux passions, aux pulsions nées du tragique qui correspondent exactement avec le projet du film et font qu’" Au-delà de la haine " est certes un document fondamental sur l’homophobie en France à l’aube du XXIè siècle mais est bien plus que cela : une œuvre universelle.
"Au-delà de la haine", d’Olivier Meyrou. Sortie le 14 mars. | |
source : E-llico.com
Un Document unique qui témoigne de ce que peut être l'homophobie meurtrière !
Nous sommes marqués par ce film ...
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